L’Amant, Marguerite Duras

Bon. Je te le dis tout net, ça va être compliqué. Mais on va s’en sortir, car nous sommes forts, toi et moi, deux êtres se drapant dans le courage et la bravoure, ne reculant devant rien (sauf peut-être devant le tome 1 des Piliers de la Terre — et encore), faisant fi de tout et surtout de l’Amant de Marguerite Duras.

J’ai acheté ce bouquin au sommet d’Angoulême. Il faisait très chaud et dans la voiture, je venais de finir « Dans un mois, dans un an » de Françoise Sagan. Si tu te sens d’humeur aventureuse, tu peux scroller et lire l’article juste en dessous.

Et bon, il faut bien que je l’avoue, j’ai acheté un livre neuf.
Non, mais il ne manquerait plus que je lise un auteur vivant tant que nous y sommes.
Mais il était là, si beau dans son habit blanc (Les Editions de Minuit, voilà, voilà) (si cher), que je n’ai simplement pas pu résister. Et attends la suite. Il y avait un bandeau sur ce livre. Un bandeau. Je hais les bandeaux. Ca ne sert à rien, à part à compliquer la prise en main de ce pauvre bouquin qui n’a rien demandé, mais maintenant que j’y pense, on peut le plier en deux et en faire un marque-page. Voilà pour toi, bandeau de malheur. Je devrais en faire un tuto sur Youtube, tiens. Je l’appellerai « DIY marque-page prix Goncourt ». Si ça tombe, ça ferait des vues.

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Dans un mois, dans un an, Françoise Sagan

Tranquillement posée sur le siège passager de la voiture, je file vers le sud.
Notre charrette toute ferrée quitte les jolis petits chemins très Bovarysé de Normandie pour grimper sur l’autoroute. Tout de suite fort moins intéressant. Je me retourne donc et attrape le premier livre qui me vient, sur la banquette arrière. (Ne va pas croire que chez nous les voitures sont pleines de livres hein, je les avais posé là exprès.)
«  Dans un mois, dans un an » de Françoise Sagan. Une édition de 1982, achetée en seconde main dans une ressourcerie quelques temps auparavant.
Une couverture bien kitsch mais pas de prénom gribouillé sur la première page. Zut.
Qu’à cela ne tienne.

Ca y est. A peine les premières page entamées, je retrouve ce doux parfum d’années 60 que j’aime tant chez Françoise (oui je me permets de l’appeler Françoise, ça fait un moment maintenant qu’on se connait elle et moi.) Read More

A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Hervé Guibert

C’était un jour gris de 2011. Ma colloc de l’époque m’avait légué un vieux bouquin chiné dans un Pêle-Mêle bruxellois pour deux francs six sous — 5 euros précisément, m’apprend le gribouillis au crayon sur la première page, que je n’ai jamais pris la peine d’effacer.
Je revois encore son geste d’abandon désinvolte, comme si elle larguait un boulet résolument trop lourd.
« — Tiens, j’ai ce livre en trop pour le cours de littérature, tu n’as qu’à le prendre si tu veux. »
J’étais en rade, pour tout te dire. J’ai donc accueilli ce petit délaissé dans mon giron sans trop rien en attendre. As-tu déjà remarqué que les plus belles rencontres se font systématiquement quand on en attend absolument rien grand chose ? Oui, je sais que tu te dis que oui.

J’ai pu vérifier ce fameux précepte dans la vie vraie et dans celui des bouquins. Tu auras compris que c’est en attendant rien de rien, en ne connaissant même pas le nom de cet auteur, que j’ai ouvert ce livre en commençant par la page notifiée du fameux 5 € en me félicitant de n’en avoir du payer aucun. Ce livre, c’était A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie écrit par un certain Hervé Guibert, inconnu au bataillon (non juste de moi à l’époque en fait).  Je ne savais rien de sa vie, à cet Hervé, était-ce une autobiographie, en tout cas le titre me plait bien, j’espère que ça ne va pas être trop soporifique, j’ai déjà sommeil… marmonnait mon cerveau encore calme.

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Le procès, Franz Kafka

Bon. Je te le concède bien volontiers.
Je n’ai pas commencé par le plus simple, ni le plus tranquille, j’ai encore moins choisi un texte où l’écriture glisse toute seule, qu’on lit sans s’en rendre compte pour inaugurer ce blog… Non.

C’est bien fait pour ma pomme, tiens.

Mais voilà, ça valait tellement la peine de suer des litres sur ces vieilles pages jaunies.

J’ai fait la connaissance de Kafka il y a quelques années avec sa fameuse Métamorphose, que j’avais lue car je me disais que « bon, quand même, je ne peux décemment pas mourir (en fait, je suis jeune, rassure-toi) sans m’y frotter ». Ca avait été une expérience hors du commun. (Tu verras que je ne suis jamais dans la démesure, jamais.)

Donc, logiquement, quand j’ai vu Le procès sur une brocante, j’ai sauté dessus. Il était juste comme j’aime, une vieille édition, jaunie, avec le nom d’un inconnu inscrit à la main en première page. Barré. Deux fois. Avec d’autres noms ajoutés en dessous. Bref, il avait voyagé et j’adore me dire qu’il continuera son voyage quelques temps avec moi.

Je m’y suis donc mise en me disant « Franchement, ça va être peanuts, comme avec la Métamorphose ». Doigts de pieds en éventail, en faisant la roue, le grand-écart, du shopping en ligne et Secrets d’Histoire en fond.

Haha. Franz aurait bien ri.

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