A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Hervé Guibert

C’était un jour gris de 2011. Ma colloc de l’époque m’avait légué un vieux bouquin chiné dans un Pêle-Mêle bruxellois pour deux francs six sous — 5 euros précisément, m’apprend le gribouillis au crayon sur la première page, que je n’ai jamais pris la peine d’effacer.
Je revois encore son geste d’abandon désinvolte, comme si elle larguait un boulet résolument trop lourd.
« — Tiens, j’ai ce livre en trop pour le cours de littérature, tu n’as qu’à le prendre si tu veux. »
J’étais en rade, pour tout te dire. J’ai donc accueilli ce petit délaissé dans mon giron sans trop rien en attendre. As-tu déjà remarqué que les plus belles rencontres se font systématiquement quand on en attend absolument rien grand chose ? Oui, je sais que tu te dis que oui.

J’ai pu vérifier ce fameux précepte dans la vie vraie et dans celui des bouquins. Tu auras compris que c’est en attendant rien de rien, en ne connaissant même pas le nom de cet auteur, que j’ai ouvert ce livre en commençant par la page notifiée du fameux 5 € en me félicitant de n’en avoir du payer aucun. Ce livre, c’était A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie écrit par un certain Hervé Guibert, inconnu au bataillon (non juste de moi à l’époque en fait).  Je ne savais rien de sa vie, à cet Hervé, était-ce une autobiographie, en tout cas le titre me plait bien, j’espère que ça ne va pas être trop soporifique, j’ai déjà sommeil… marmonnait mon cerveau encore calme.

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